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Edito

Dernière modification 23/05/2011 08:46

Mutations en cours et enjeux pour l'ARDM

Suite au vote du comité de l'ARDM, en date du 13 mai 2011, je suis pour le mandat 2011-2013 présidente de l'association, succédant ainsi à Yves Matheron, désormais vice-président. Ce changement est l'occasion de faire un point sur certains des enjeux auxquels l'association participe actuellement.

L'ARDM : une association de recherche, à l'époque des labex ?

Dans le paysage actuel de la recherche, l'existence même de l'ARDM pose question. L'engagement associatif semble se situer à l'opposé de la politique actuelle, se traduisant en France par des labex (laboratoires d'excellence) et autres idex (initiatives d'excellence). Le temps consacré à l'association ne fait l'objet d'aucune reconnaissance officielle ; il peut bien au contraire réduire le nombre de publications des collègues les plus investis, impactant ainsi négativement leur évolution professionnelle. Dans un paysage où la concurrence entre équipes est considérée comme le moteur de l'excellence, s'associer au niveau national, voire international, pour travailler ensemble est une démarche à contre-courant.
Cependant l'ARDM est responsable de dispositifs essentiels à la vie de la communauté de recherche en didactique des mathématiques : la revue RDM, les écoles d'été, les séminaires nationaux. Il nous faut maintenir ces dispositifs, en tenant compte des contraintes actuelles. La revue RDM est déjà reconnue au niveau national (elle figure dans la liste AERES) ; nous devons œuvrer pour sa meilleure reconnaissance, hors de nos frontières. Nous sommes passés de trois séminaires nationaux 1 à  deux chaque année, afin de limiter le nombre de déplacements, tout en accroissant le nombre d'intervenants pour une session de séminaire. Nous avons développé la place des jeunes chercheurs et leur accompagnement.
Cependant tenir compte des contraintes ne signifie pas les accepter sans recul critique. Nous devons agir pour faire évoluer les critères actuels d'évaluation des chercheurs, qui semblent oublier que le principal « investissement d'avenir » reste certainement l'investissement dans le collectif.

Mutations institutionnelles de la formation des enseignants et de la recherche en éducation

L'ARDM a largement participé à la réflexion sur la réforme de la formation des enseignants mise en place en France. Des propositions ont été faites, une vive opposition a été exprimée – déjà, l'éditorial de Yves Matheron en juin 2009 fixait les points essentiels de notre action. Nous n'avons pu éviter d'en venir à la situation actuelle, et à un système de formation des enseignants en France dont les défauts sont unanimement reconnus. Sur ce thème notre travail va se poursuivre, en espérant que viendront un jour des choix politiques pour l'éducation qui ne seraient pas uniquement pilotés par les économies budgétaires à court terme.
Les masters, pour la formation des enseignants du premier comme du second degré, font une place très inégale à la didactique selon les universités. Ceci amène, selon les endroits, de nouveaux besoins en termes de recrutements d'enseignants-chercheurs en didactique des mathématiques, ou à l'opposé des redéploiements de postes de didacticiens vers d'autres disciplines. Nous devons être attentifs à ces évolutions très sensibles pour notre communauté, et également faire en sorte de maintenir un vivier suffisant de candidats, pour ne pas risquer de perdre des postes existants de maîtres de conférences ou de professeurs. La dissolution de l'INRP, et la création de l'IFÉ au sein de l'Ecole Normale Supérieure de Lyon, est une autre mutation demandant notre mobilisation, pour tenter de maintenir un institut national, lieu privilégié de recherches de terrain, de formation de formateurs, de production et de diffusion de ressources. La publication de cet éditorial, sur le site EducMath, vise aussi à souligner l'espoir que l'ARDM place dans la pérennisation de ce site, qui était devenu en quelques années une référence nationale.

L'ARDM, une association parmi d'autres

L'ARDM a la chance, via la CFEM, de dialoguer en permanence avec d'autres associations ou structures s'intéressant à l'enseignement des mathématiques en France. La richesse qu'amène un réseau d'associations est en train d'être développée dans d'autres directions.
L'ARDM participe ainsi au réseau européen des associations de chercheurs en didactique, initié par notre collègue Hans-Georg Weigand (responsable en Allemagne de la « Gesellschaft für Didaktik der Mathematik »), et va avec ce réseau réfléchir particulièrement à la formation des jeunes chercheurs.
Par ailleurs, nous avons en France établi des liens avec d'autres associations de chercheurs en didactique : l'AIRDF, pour la didactique du français, l'ARDIST pour la didactique des sciences et l'ARCD pour la didactique comparée. Ce réseau naissant peut agir de manière essentielle pour la reconnaissance de la didactique comme champ de recherche. Il peut notamment, à l'avenir, avoir un impact sur nos relations avec une autre association : l'AECSE, et plus largement sur nos liens, parfois complexes, avec les sciences de l'éducation.

Le regard posé sur ces quelques enjeux montre à quel point l'ARDM a besoin de l'engagement de chacun de ses membres, pour soutenir le développement et le rayonnement de la recherche en didactique des mathématiques !

 

 

 

1 - Rappelons que les responsables du séminaire national sont actuellement Maha Annoud-Blanchard et Annick Flückiger.

 

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