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Réponse de G. Kuntz

Dernière modification 06/06/2006 20:44

IREM et APMEP, Strasbourg

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Large convergence

Oserai-je l’avouer ? Il y a une large convergence entre les thèmes du rapport parlementaire et ceux que j’ai développés dans « Démarche expérimentale et apprentissages mathématiques ».

D’abord, et c’est essentiel, nous défendons ensemble l’idée que les mathématiques enseignées sont intéressantes en elles-mêmes : elles servent à bien autre chose qu’à réussir des évaluations, des examens et des concours. La démarche expérimentale que nous défendons a comme vertu principale de conduire les élèves (et les professeurs ?) à se remettre à penser, à s’étonner, à débattre, à conjecturer, plutôt que d’apprendre pour « réussir », sans s’intéresser à ce qu’ils apprennent (ou qu’ils enseignent).

L’interdisciplinarité offre aux mathématiques de vastes champs d’applications, révèle leur caractère indispensable et justifie en retour l’austère apprentissage quotidien des outils de la discipline…
Autre convergence, la place importante donnée à « la main à la pâte » dans le rapport parlementaire et dans mon étude, indique clairement la direction vers laquelle nous souhaiterions que l’enseignement des mathématiques évolue. Malgré les points d’interrogation et les difficultés que rencontre la mise en œuvre de ces principes, Collège et Lycée gagneraient beaucoup à s’en inspirer. Mais bien d’autres expériences qui sont recensées dans mon étude (et qui sont des réussites) vont dans le même sens (plusieurs sont citées dans le rapport). Il suffirait qu’elles soient reprises et diffusées pour servir de base à une puissante rénovation.

Mais cela suppose une remise à plat des contenus, des méthodes et des moyens : il est illusoire d’ajouter à des programmes lourds de nouvelles démarches, formatrices certes, mais qui exigent du temps. Il faut repenser les finalités d’abord, les programmes ensuite. Réduire fortement le « nombre de concepts », comme disent nos amis québécois (ils ont divisé leur nombre par… 4 ou par 6 selon les cycles). C’est dit dans le rapport, c’était en filigrane dans mon étude.
Ma seule interrogation face à ce rapport intelligent et bien informé (mais elle est de taille !) porte sur la possibilité de faire évoluer (en France) le système éducatif d’une façon aussi fondamentale. Incontestablement, il le faudrait pour sortir de la crise actuelle. Mais les groupes sociaux influents, dont les enfants y réussissent (en s’y ennuyant ?), ont-ils intérêt aux changements ? Ils ont le redoutable pouvoir d’empêcher les évolutions, au nom de principes progressistes au besoin.

Ce beau rapport risque de rejoindre dans un tiroir d’autres rapports tout aussi excellents…

   Question de Luc Trouche
   Réponse de Pierre Arnoux
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